MA DÉMARCHE ARTISTIQUE,
DE PEINTURE
AU CÉRAMIQUE
EN PASSANT
PAR LA
SÉRIGRAPHIE
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L’acte de création
engage forcément une
mise à soi à l’extérieur; et je crois que toute
recherche artistique doit s’inscrire dans un contexte personnel. Il faut
arriver à n’être/naître à soi. C’est ma recherche picturale qui m’a conduite
à l’exploration de la céramique, puis à son apprentissage. Dans
l’élaboration de mes tableaux, j’ai éliminé toutes les formes de
représentation. Il ne m’est plus resté que des plans très rapprochés
translucides et flous. Des plans de masse, de ligne, de trait, comme des
voiles superposés. Afin de mieux exploiter les superpositions dans les
transparences et les fondus, je travaille à l’huile. La surface picturale
étant malheureusement toujours limitée, j’ai dû me résoudre à convenir que,
même après avoir éliminé toute forme de représentation sur la surface
peinte, c’est cette même surface qui devient tout de même la représentation
parce qu’elle est délimitée par un plan qui se différencie de ce qui
l’entoure. L’idée de contenant et de contenu ressurgit donc ! Pour arriver
à mieux cerner le contenant et le contenu, j’ai donc opté pour
l’apprentissage de la fabrication d’un contenant. Tenté de mieux cerner
l’idée de la paroi, l’idée de la surface, l’idée du contour, l’idée de la
différenciation. Ce lieu de transition qu’est la lèvre entre le dedans et
le dehors. Cette fine ligne d’achoppement qui permet l’existence du
contenant contenu, cette ligne qui marque et fait la tension.
Vous remarquerez que la (glaçure) couverte à cet endroit par son léger
retrait accentue la démarcation du pourtour par le changement de couleur ;
la glaçure fait office de peau. Le pied des pièces est tout à nu, sans
glaçure, afin d’offrir cet espace où le doigt touche la matière du
contenant. Il faut qu’il y ait déploiement d’énergie pour donner une forme.
J’ai fait le choix de travailler la céramique via le moulage pour trois
raisons : la première pour définir l’épaisseur de la paroi, la deuxième
pour cette capacité qu’offre le moulage de reproduire des pièces les plus
identiques possible, autrement dit d’avoir cette possibilité de
retravailler sur la même forme en variation et la troisième pour restituer
son unicité à une pièce de série.
Arriver par la co-naissance à mettre mon univers intérieur dans la réalité
du dehors. Non pas dans une représentation formelle, mais la transcription
visible d’affect, de sensation, d’émotion tout en nuance et en subtilité.
La structure de la pièce doit être forte, les lignes fluides et épurées.
Le vrai est dans l’indicible, le difficilement exprimable et non dans
l’exprimé.
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